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Règles & stratégie

Bounty fixe vs bounty progressif (PKO) : le guide complet pour choisir et dominer le Knockout

Prime constante ou prime qui grossit à chaque élimination ? Règles, mathématiques, stratégie et exemples chiffrés pour ne plus jamais confondre les deux formats.

14 min de lecture 10 juillet 2026
Tournoi de poker bounty avec primes d'élimination

Introduction : pourquoi ce choix change toute votre soirée

Vous organisez un tournoi entre amis et quelqu'un vous propose d'ajouter des bounties pour dynamiser la table. Excellente idée — jusqu'à ce que la question suivante tombe : « On fait un bounty fixe ou un PKO ? » Et là, le silence. Beaucoup de joueurs utilisent ces termes de façon interchangeable, alors qu'il s'agit de deux mécaniques radicalement différentes, avec des conséquences directes sur l'action, la comptabilité et vos décisions à chaque all-in.

Le problème : confondre bounty fixe et bounty progressif, c'est appliquer une stratégie de tournoi classique à un format qui ne fonctionne pas pareil. Résultat ? Vous payez trop cher des mains marginales face à de grosses primes sur la tête, ou à l'inverse vous laissez passer des spots rentables parce que vous ne convertissez pas la valeur monétaire de la prime en jetons.

L'agitation : en ligne, le Progressive Knockout (PKO) est devenu le standard des tournois bounty depuis le milieu des années 2020. PokerStars le diffuse sous le nom de Super Knockout ; GTO Wizard et les solveurs modernes consacrent des bibliothèques entières à sa théorie. Pourtant, dans les home games, le bounty fixe reste souvent le seul format testé — faute de comprendre la différence.

La solution : dans ce guide, vous allez découvrir comment fonctionnent les deux formats, comment ils impactent vos cotes du pot, quand choisir l'un ou l'autre pour votre groupe, et comment les gérer sans erreur de comptabilité. Voici le plan :

  1. Les fondamentaux du tournoi bounty (Knockout)
  2. Le bounty fixe : règles, exemple et profil idéal
  3. Le bounty progressif (PKO) : mécanique, escalade et cas particuliers
  4. Tableau comparatif et répartition du buy-in
  5. Stratégie : comment les mathématiques changent selon le format
  6. Erreurs fréquentes et conseils pour vos home games

1. Les fondamentaux : qu'est-ce qu'un tournoi bounty ?

Un tournoi bounty (aussi appelé Knockout ou KO) est un MTT où une partie du buy-in finance une prime d'élimination portée par chaque joueur. Contrairement à un freezeout pur, où seul le classement final compte, chaque élimination peut générer un gain immédiat — en cash ou en lot — indépendamment de votre position finale.

Le buy-in se scinde en deux cagnottes distinctes :

Sur les sites en ligne, la répartition la plus courante est 50 % prizepool / 50 % bounty. Sur un buy-in de 100 €, 50 € vont donc aux places payées et 50 € constituent la prime initiale sur la tête de chaque joueur. En home game, vous pouvez ajuster ce ratio (par exemple 15 € + 5 € sur un buy-in de 20 €), tant que tout le monde connaît la règle avant la première main.

Terminologie à connaître

2. Le bounty fixe : la prime constante, simple et efficace

Comment ça marche ?

Dans un tournoi bounty fixe, chaque joueur porte une prime identique et immuable du début à la fin. Lorsque vous éliminez un adversaire que vous couvrez, vous encaissez 100 % de cette prime immédiatement. Point final.

C'est le format historique du Knockout, celui qui a popularisé les tournois « chasseur de prime » dans les casinos terrestres et les premiers sites de poker en ligne. Sa force réside dans sa simplicité : pas de calcul mental, pas de prime qui évolue, pas de surprise en fin de tournoi.

Exemple chiffré — Bounty fixe

Tournoi à 20 € (15 € prizepool + 5 € bounty) avec 10 joueurs. Chaque tête vaut 5 €.

La prime de 5 € n'a jamais changé de valeur, quel que soit le moment du tournoi.

Avantages du bounty fixe

Inconvénients et limites

Le bounty fixe perd de son attrait en milieu et fin de tournoi. Comme l'explique CardPlayer dans son analyse des PKO, dans un bounty classique, les primes deviennent proportionnellement moins importantes au fur et à mesure que les tapis grossissent et que l'ICM (Independent Chip Model) prend le dessus. Un bounty de 5 € sur un tapis de 15 000 jetons au départ peut valoir l'équivalent d'un tiers de stack ; le même bounty face à un tapis de 80 000 jetons en table finale ne pèse presque plus rien dans vos décisions.

3. Le bounty progressif (PKO) : quand la prime devient une arme à double tranchant

La mécanique du split 50/50

Le Progressive Knockout (PKO) reprend la base du bounty — une prime sur chaque tête — mais y ajoute une règle qui change tout : à chaque élimination, la prime du joueur éliminé est divisée en deux parts égales :

  1. 50 % encaissés immédiatement par le(s) éliminateur(s), en cash.
  2. 50 % ajoutés à la prime sur la tête du chasseur, augmentant la récompense pour celui qui l'éliminera plus tard.

Chaque joueur démarre avec une prime initiale (souvent la moitié du buy-in dans les structures standard). Plus vous éliminez d'adversaires, plus votre propre prime sur la tête grossit — et plus vous devenez une cible convoitée pour le reste du field.

Exemple chiffré — Bounty progressif (structure 50/50)

Tournoi à 100 € : 50 € prizepool + 50 € de prime initiale par joueur (format courant sur PokerStars et dans les sims GTO Wizard).

Cette escalade crée ce que les pros appellent des dynamiques de chasse progressive : les gros stacks actifs accumulent à la fois des jetons et une prime sur la tête de plus en plus tentante, tandis que les short stacks deviennent des proies à abattre rapidement.

Pourquoi le PKO domine le marché en ligne

Depuis environ 2020, le PKO s'est imposé comme le format bounty de référence sur les sites majeurs. Les raisons sont multiples :

Cas particuliers à connaître

Éliminations multiples (split pot)

Si deux joueurs éliminent le même adversaire (pot partagé), la prime est répartie équitablement entre les éliminateurs, avec le reliquat éventuel attribué au premier éliminateur selon les règles du directeur de tournoi.

Re-entry et PKO

Chaque réinscription ajoute une nouvelle prime initiale sur la tête du joueur. En home game, cela gonfle à la fois le prizepool classique et la cagnotte bounty — vérifiez que votre outil de gestion recalcule les deux pools en temps réel.

Variantes de répartition

Certains sites proposent des PKO avec 66 % ou 100 % du buy-in dédié aux bounties (PokerStars propose par exemple des structures « Bounty Builder »). Notre guide se concentre sur le standard 50/50, le plus répandu en home game.

4. Tableau comparatif : bounty fixe vs bounty progressif

Critère Bounty fixe Bounty progressif (PKO)
Valeur de la prime Constante du début à la fin Grandit à chaque élimination
Gain à l'élimination 100 % de la prime fixe 50 % cash + 50 % sur votre tête
Prime initiale typique 25 à 33 % du buy-in ~50 % du buy-in (structure standard)
Impact en fin de tournoi Décroissant (prime figée vs gros tapis) Reste élevé (primes cumulées)
Complexité logistique Faible Modérée (suivi tête + cash)
Public idéal Débutants, soirées conviviales Joueurs réguliers, amateurs de action

5. Stratégie : comment les mathématiques changent selon le format

Jouer un bounty — fixe ou progressif — sans ajuster votre stratégie, c'est laisser de l'EV sur la table. La bonne nouvelle : les principes de base sont les mêmes ; seule l'ampleur des ajustements varie.

5.1. La règle d'or : couvrir ou ne pas couvrir

La prime n'est en jeu que si vous couvrez l'adversaire (votre tapis est supérieur ou égal au sien). Si c'est lui qui vous couvre dans un all-in, sa prime ne modifie pas vos cotes : jouez la main comme en MTT classique.

À l'inverse, lorsque vous couvrez un short stack, la prime agit comme de la dead money supplémentaire dans le pot. Vous pouvez payer des mains avec moins d'équité que d'habitude — parfois 10 à 15 points d'équité de moins selon la taille de la prime.

5.2. Convertir la prime en jetons : le « Bounty Power »

Les théoriciens du poker (notamment via GTO Wizard) utilisent le concept de Bounty Power pour convertir une prime en dollars en équivalent big blinds :

Bounty Power = Jetons totaux en jeu / (Cagnotte bounty restante + Prizepool restant)

Multipliez la prime capturable par ce facteur pour obtenir sa valeur en BB, puis ajoutez-la au pot dans votre calcul de cotes du pot.

Exemple GTO Wizard — l'impact chiffré sur un call

Dans un PKO 200 joueurs avec 70 % du field restant, un joueur UTG shove 13bb. La Grosse Blinde, qui couvre avec 69bb, doit normalement avoir 43,6 % d'équité pour payer (12bb à call pour un pot de 27,5bb).

Avec une prime capturable de 50 $ et un Bounty Power de 0,191, la prime vaut environ 9,55 bb. L'équité requise tombe à 32,4 %. Des mains comme A4o, A7o, Q7s ou 54s passent de fold à call — un écart énorme sur des centaines de spots similaires.

5.3. Le « risk premium » négatif : spécificité du PKO

En tournoi classique, perdre un gros pot coûte généralement plus cher que ce que gagner le même pot ne rapporte — c'est le risk premium positif lié à l'ICM. En PKO, l'inverse peut se produire : GTO Wizard documente des bubble factors inférieurs à 1, signe d'un risk premium négatif.

Concrètement, si vous couvrez un adversaire avec une grosse prime sur la tête, le gain immédiat (cash + augmentation de votre propre prime) peut compenser le risque de perdre votre stack. Les chip leaders en PKO sont donc incités à jouer plus agressivement contre les short stacks couverts — surtout en milieu de tournoi, quand l'ICM n'est pas encore écrasant.

5.4. Stratégie par phase de tournoi

Début de tournoi

En bounty fixe, élargissez légèrement vos ranges de call contre les short stacks couverts. La prime vaut environ un tiers du tapis de départ en jetons dans une structure 25/75 — une règle empirique utile en home game.

En PKO, les ajustements existent mais restent mesurés. CardPlayer insiste : au early stage, les bounties ne justifient pas de transformer le tournoi en carnage. Préservez votre stack pour couvrir les adversaires plus tard, quand les primes auront grossi.

Milieu de tournoi

C'est la zone d'excellence du PKO. Les primes sur la tête commencent à s'accumuler ; les confrontations couvert vs short stack deviennent très rentables. Ciblez les joueurs avec les plus grosses primes — ils représentent le meilleur ratio risque/récompense.

En bounty fixe, cette phase ressemble de plus en plus à un MTT standard : la prime de 5 € ne justifie plus de calls heroïques face à des ranges serrées.

Fin de tournoi et bulle

L'ICM reprend le dessus dans les deux formats, mais le PKO atténue partiellement la pression de la bulle grâce à la valeur immédiate des bounties. PokerListings rappelle toutefois qu'en spots ICM extrêmes, même une grosse prime peut ne pas suffire à justifier un call — surtout si le palier de gain classique est significatif.

En PKO, le vainqueur du heads-up encaisse sa propre prime : viser la victoire reste souvent plus EV+ qu'en bounty fixe, où seul le prizepool classique récompense le champion.

5.5. Erreurs stratégiques fréquentes

6. Quel format choisir pour vos home games ?

Le choix dépend de votre groupe, de votre matériel et de l'ambiance recherchée.

Choisissez le bounty fixe si…

Choisissez le bounty progressif (PKO) si…

Conseil du directeur de tournoi

Annoncez le format avant la première carte. En PKO, affichez clairement la prime initiale et rappelez la règle du split 50/50. Verrouillez le type de bounty une fois le timer lancé ou la première élimination enregistrée — changer en cours de route fausse toute la comptabilité.

7. Gérer bounty fixe et progressif sans erreur

La logistique a tué plus de tournois bounty à la maison que la stratégie. Jetons de couleur « prime », disputes sur qui a éliminé qui, ardoises oubliées à 2h du matin… Le problème est universel.

La solution passe par la numérisation du processus :

Pour approfondir la configuration pas à pas, consultez notre guide complet du mode Bounty.

Conclusion : deux formats, une même promesse — plus d'action

Le bounty fixe et le bounty progressif (PKO) partagent un objectif commun : transformer un tournoi passif en une chasse aux primes où chaque élimination compte. Mais leurs mécaniques divergent suffisamment pour exiger des approches stratégiques et logistiques différentes.

Retenez l'essentiel :

Vous avez déjà testé les deux formats ? Lequel préférez-vous pour vos home games — la simplicité du fixe ou l'adrénaline du PKO ? Partagez votre expérience avec votre groupe ou sur les réseaux : vos retours aident toute la communauté à mieux organiser ses soirées.

Prêt à lancer votre prochain tournoi Knockout ?

Configurez bounty fixe ou progressif, suivez les primes en direct sur votre TV et laissez l'application gérer la comptabilité pendant que vous jouez.

Ouvrir le timer Poker Home Games

Sources et références : analyses stratégiques GTO Wizard (The Theory of Progressive Knockout Tournaments), CardPlayer, PokerListings (Calculating Bounty Value in PKO Tournaments), PokerPRO.fr (Les tournois Knockout).

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